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Essai Peugeot 3008 hybride 136 ch : est-il meilleur rapport qualité-prix ?


Proposé au prix de 38 490 euros, ce modèle Hybrid 136 e-DCS6 est tout de même le moins cher parmi les nouveaux modèles de 3008. Bien que son hybridation légère de 48V ne lui confère pas une grande économie de carburant, ni des performances impressionnantes avec ses 136 chevaux, cette version permet néanmoins d’obtenir cette troisième génération du best-seller de Peugeot. Il s’agit d’un SUV familial plus solide mais moins maniable.




Pourcentage élevé de ventes en électrique pour le nouveau Peugeot 3008

Pour son nouveau 3008, Peugeot espère rapidement atteindre 50% de vente en tout électrique. Son inédit e-3008 ne manque pas d’atouts puisque L’Autozen l’a déjà longuement essayé en version 220ch même si le confort a été privilégié sur le plaisir de conduite. Car ce SUV à la grosse batterie de 73 kWh s’avère fort lourd, ce que les réglages de châssis n’effacent pas complètement.

Retrouver l’agilité caractéristique de la deuxième génération du SUV Peugeot

En passant au volant de ce nouveau 3008 essence hybride, on espère donc retrouver l’agilité qui fait le sel de la deuxième génération du SUV Peugeot. Surtout que la fiche technique de cette version hybrid 136 e-DCS6 promet 535 kilos de moins que son frère e-3008, soit 1648 kg contre presque 2,2 tonnes pour le 100% électrique ! Et pour se rafraîchir la mémoire, c’est au volant de l’actuel 3008 que nous sommes partis à l’essai de ce nouvel hybrid 136 e-DCS6. Une bonne idée puisque cette version se montre plus aboutie que les premiers exemplaires essayés à l’automne 2023.

L’ancien Peugeot 3008 face à son remplaçant

Au volant du 3008 lancé en 2016 et restylé en 2020, on renoue avec cette agilité supérieure à la moyenne qui distingue tant ce SUV Peugeot. Mais on y retrouve aussi de grosse roues qui frappent, des bruits de machinerie électrique peu amènes, une insonorisation générale perfectible et une finition intérieure qui a fini par montrer ses rides. Reste qu’à manœuvrer ce Peugeot 3008, vendu à plus de 1 million d’exemplaires, on se dit que ses conducteurs ont souvent dû se faire plaisir même sans jouer les pilotes, surtout avec la famille à bord.

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Une ergonomie inédite et une conduite différente

Dès les premiers virages au volant de cette nouvelle génération du 3008 e-DCS6, ici essayée dans sa flatteuse finition GT (à partir de 42 990 €), on comprend que l’on a changé d’époque. Triplement même. D’abord, à l’extérieur où ce SUV au profil de coupé et rallongé de 9 cm (4,54 m) impose son mufle massif, ses flancs verticaux et sa poupe surélevée. A l’intérieur, ensuite, puisque les designers Peugeot ont, une nouvelle fois, réussi à composer un i-cockpit à la fois original et actuel sans que la froideur des écrans et surfaces tactiles ne vous submerge comme dans tant de nouveaux modèles.

Le dessin est un rien complexe mais la finition convaincante, le tissu chiné Rimini chaleureux et l’ergonomie satisfaisante malgré la réduction du nombre de commandes physiques au profit d’une dizaine de raccourcis numériques personnalisables. De même les rangements ne manquent pas, pas plus que la connectique usuelle (prise USB-C, chargement par induction…). Et la position surélevée de la dalle panoramique de 21 pouces n’oblige plus certains conducteurs à contrarier leur position de conduite pour lire confortablement les informations affichées. Aux places arrière, en revanche, malgré l’empattement agrandi de 5 cm à 2,74m, un adulte de 1,80 m verra vite ses genoux flirter avec le dossier du siège avant. Et le coffre est annoncé à 520 dm3 mais la banquette rabattable 1/3-2/3 et le dossier de siège avant inclinable nous ont permis de loger deux longs colis de plus de 2 m de long -type sommier de lit en kit- tout en gardant trois occupants à bord !

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Enfin, c’est au registre de la conduite que ce nouvel hybrid 136 e-DCS6 confirme que le 3008 a bien changé. Techniquement, le nouveau SUV familial de Peugeot conserve le 1.2 PureTech modernisé de son prédécesseur : cycle de combustion Miller pour le rendement, distribution par chaine plus durable, turbo à géométrie variable . Et il est toujours associé à une boîte de vitesses automatique à 6 rapports intégrant une modeste hybridation 48V avec un petit bloc moteur électrique de 28 ch et 55 Nm, tandis que la batterie lithium-ion se limite à 0,43 kWh. A comparer au 0,85 kWh et 48 ch de la partie électrique d’une Renault Clio e-tech par exemple.

Ce 3008 hybrid 136 e-DCS6 (2024) ne se déplace donc en tout électrique que lors des manœuvres, au démarrage jusqu’à 10 km/h et dans certaines phases à vitesse stabilisée (50-60 km/h). Ensuite le 3-cylindres passe à l’action, le mini-bloc électrique participant à l’effort si toutefois sa maigre batterie est suffisamment pleine. Au final, sur le précédent 3008 hybrid 136, cela procurait un net gain de consommation comparé à l’ancien 3008 1.2 PureTech 130 EAT8. Ainsi, selon notre strict protocole d’essai sur le tracé de Montlhéry, il réclamait 6,6 l/100 km en moyenne contre 8,6 l/100 km auparavant. Reste à voir quel score obtiendra ce nouveau e-DCS6 millésime 2024 qui a pris pas loin de 170 kg au passage.

Ce qui explique, en partie, que ce 3008 hybrid n’apparait finalement pas beaucoup plus alerte au volant que le e-3008 pourtant bien plus lourd. Mais cet électrique est plus puissant (210 ch), le couple y est supérieur (345 Nm), le centre de gravité plus bas et il affichant un ensemble multi bras à l’arrière alors que le 3008 hybride 48v dispose de simples bras tirés. Ce qui n’empêche pas un comportement on ne peut plus rassurant, le train arrière restant des plus neutres.

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Pas question donc d’enrouler avec ce 3008 comme auparavant d’autant que la transmission de cet e-DCS6 est typée « éco » même en mode normal et que basculer en sport ne transcende pas les sensations. Certes, la direction est raffermie, la réponse à l’accélérateur raccourcie et les passages de vitesses se font plus tard mais rien qui transfigure cette familiale surélevée. Car il faut optimiser les scores CO2 du 3008 pour limiter les malus par ici et les risques d’amendes de l’UE par là.

D’autant que les générations passant, Peugeot a décidé de répondre à cette clientèle qui réclamait davantage de confort et de sérénité à bord du 3008. D’ailleurs, sur cette version 2024 de son e-DCS6, Peugeot nous a confirmé avoir modifié différentes pièces pour réduire les bruits mécaniques tandis que l’insonorisation globale du 3008 est meilleure de même que le contrôle des résonnances (caisse plus rigide). Plus robuste, plus prévenant, ce nouveau 3008 assume son embourgeoisement.

Toutefois, on note que si le nouveau Peugeot e-3008 est assorti d’une garantie 8 ans contre les pannes lien, son frère hybrid 136 e-DCS6 doit se contenter d’une garantie classique de 2 ans. Enfin, si vous continuez de préférer l’essence mais que vous attendez un certain entrain au volant de votre 3008, il vous reste à attendre la toute fin 2024 et les essais de la version hybride rechargeable qui avec 195 ch et une batterie 21 kWh (19 kWh utiles) ne devrait pas lambiner. Même si cette pile promettant 80 km d’autonomie en tout électrique et la machinerie hybride qui va avec ajouteront leurs poids à un nouveau 3008 à la lourde constitution.