La Bugatti Chiron de Mate Rimac volée à l’usine, retrouvée grâce à sa télémétrie
- La Chiron de Mate Rimac a été volée à l’usine, puis suivie jusqu’en Autriche grâce à sa télémétrie embarquée.
- Le voleur a traversé la Croatie et la Slovénie, avant d’être intercepté près de Graz après un arrêt carburant.
- La voiture n’aurait subi que de légers dégâts, et Rimac promet de ne plus laisser les clés à portée de main.
La Bugatti Chiron de Mate Rimac a quitté le campus de Bugatti Rimac sans autorisation le 28 octobre, portes ouvertes et clé à bord. L’histoire, racontée par le patron croate sur Instagram et relayée par la presse spécialisée, ressemble à une farce automobile, mais elle concerne bien une hypercar estimée autour de 2,6 millions d’euros.
Les faits se sont déroulés à Kerestinec, près de Zagreb, sur le site de Bugatti Rimac. Selon le récit de Mate Rimac, un homme se serait présenté en expliquant chercher du travail, avant de circuler librement sur un campus volontairement peu verrouillé. Il tombe alors sur la Chiron Sport personnelle du dirigeant, stationnée devant un bâtiment. La voiture n’est pas fermée. La clé est à l’intérieur. Il monte, démarre et s’en va.
Une confiance à haut risque
Le détail prête à sourire, mais il dit beaucoup de la confiance, parfois excessive, qui règne dans certains sites industriels. Mate Rimac a reconnu avoir souvent laissé les clés dans ses voitures, même quand elles valent le prix d’un immeuble. Sauf qu’une Chiron n’est pas une citadine de service : on parle d’un coupé à moteur W16 8,0 litres quadriturbo, fort de près de 1 500 ch, capable d’atteindre des vitesses que la quasi-totalité des routes européennes ne permet évidemment pas d’explorer.
Au départ, les employés ne comprennent pas immédiatement qu’il s’agit d’un vol. La Chiron est aperçue quittant rapidement le bâtiment, puis un groupe de discussion interne est créé pour vérifier si quelqu’un l’a déplacée. Très vite, l’hypothèse du collègue parti faire une manœuvre disparaît. La police est alertée, pendant que Rimac décide de ne pas attendre devant son téléphone : il prend une Porsche 911 disponible sur place et part à la poursuite de sa propre Bugatti, avec environ une heure de retard.
La télémétrie à la rescousse
La vraie héroïne de l’affaire n’est pourtant ni la 911 ni le sang-froid du patron, mais la télémétrie embarquée de la Chiron. Les équipes de Bugatti Rimac peuvent suivre en temps réel sa position, sa vitesse, son niveau de carburant et d’autres données. Ces informations sont transmises aux forces de l’ordre via le groupe de discussion, au fil d’un parcours qui mène la voiture hors de Croatie, à travers la Slovénie, puis vers l’Autriche.
Le voleur finit par s’arrêter près de Graz, dans le secteur de Seiersberg-Pirka, pour remettre du carburant. D’après le récit rapporté, il aurait ajouté environ un demi-plein avant de repartir sans payer. Mauvaise idée dans une voiture aussi visible et aussi suivie : la police autrichienne, informée des coordonnées de l’auto, l’intercepte peu après. L’homme aurait reconnu les faits, tandis que la Chiron est sécurisée.
Un vol vite refermé
L’épisode se termine presque bien pour Bugatti Rimac : la voiture n’aurait subi que de légers dégâts au pare-chocs avant. Mate Rimac affirme ne pas vouloir déposer plainte à titre personnel, même si la procédure pénale relève désormais des autorités autrichiennes. Côté entreprise, la leçon est plus concrète : les clés ne seront plus laissées à portée de main. Reste une question amusante pour une voiture aussi connectée : pourquoi Bugatti pouvait suivre la Chiron à la trace, mais pas l’immobiliser à distance ?