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Une BYD Dolphin blanche vue de trois quarts arrière, exposée en intérieur. Photo : Alexander-93 Photo : Alexander-93, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (recadrée)

BYD dépasse les 300 000 électriques en un mois, mais son marché chinois cale


L’essentiel
  • BYD a vendu 305 743 électriques en octobre, un premier mois au-dessus du seuil des 300 000 unités.
  • Ses ventes en Chine reculent de 10,6 % en octobre et de 27,8 % depuis janvier, malgré le rebond mensuel.
  • L’export devient le moteur du groupe, avec 170 194 véhicules expédiés en octobre et 1,51 million sur dix mois.

BYD a vendu 305 743 voitures 100 % électriques en octobre 2026, selon les chiffres communiqués par le constructeur. C’est la première fois que le groupe chinois dépasse les 300 000 électriques en un seul mois, avec une progression de 37,4 % par rapport à octobre 2025. À l’échelle de l’industrie, le chiffre est considérable : en un mois, BYD écoule davantage d’électriques que certains grands constructeurs européens sur plusieurs trimestres.

Le total mensuel de BYD atteint 490 168 véhicules dits « à énergies nouvelles », c’est-à-dire électriques et hybrides rechargeables, en hausse de 11 % sur un an et de 5,7 % par rapport à septembre. Le 100 % électrique représente désormais plus de 63 % des ventes de voitures particulières du groupe, contre environ 51 % un an plus tôt. Le basculement est net pour un constructeur qui a longtemps construit son succès sur une combinaison très efficace : des électriques agressivement tarifées et des hybrides rechargeables rassurantes pour les clients pas encore prêts à dépendre entièrement de la recharge.

L’électrique prend l’avantage

Justement, l’hybride rechargeable marque le pas. BYD en a vendu 177 382 exemplaires en octobre, soit une baisse de 17,2 % sur un an. Sur les dix premiers mois de 2026, ses électriques progressent encore de 5,9 %, à 1 935 700 unités, tandis que ses hybrides rechargeables reculent de 11 %, à 1 625 969 unités. Ce n’est pas un détail : en Chine, le marché est devenu féroce, avec des marques locales qui multiplient les modèles, les promotions et les autonomies électriques généreuses sur les hybrides. Même BYD n’échappe pas à la pression.

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La Chine cale, l’export accélère

Le paradoxe, c’est que ce record électrique arrive alors que BYD ne survole pas totalement son année. Depuis janvier, le groupe a vendu 3 621 744 véhicules électriques et hybrides rechargeables, soit 2,2 % de moins que sur la même période de 2025. La raison tient surtout à son marché domestique. En Chine, BYD a écoulé 319 974 véhicules en octobre, en baisse de 10,6 % sur un an, malgré un rebond par rapport à septembre. Depuis le début de l’année, ses ventes chinoises reculent même de 27,8 %, à environ 2,1 millions d’unités.

La vraie locomotive est donc ailleurs. En octobre, BYD a exporté 170 194 véhicules, plus du double du niveau observé un an plus tôt. Sur dix mois, ses expéditions hors de Chine atteignent 1 513 154 unités, en hausse de 93,8 %. Autrement dit, l’international n’est plus une vitrine destinée à faire joli dans les salons européens : c’est devenu une condition de croissance. L’Europe, l’Amérique latine et d’autres marchés doivent absorber une partie de la puissance industrielle chinoise.

L’international sous pression

Cette expansion n’est pas sans frottements. En Europe, BYD doit composer avec les mesures commerciales visant les véhicules fabriqués en Chine. Reuters souligne aussi que les hybrides rechargeables chinois pourraient être concernés par de nouvelles restrictions dans les discussions entre Bruxelles et Pékin. Le constructeur arrive donc avec des volumes impressionnants, mais dans un climat politique moins accueillant que ses courbes de ventes ne le suggèrent.

Reste une certitude : BYD vient de changer d’échelle dans le 100 % électrique. Ce qu’il faudra surveiller désormais, c’est sa capacité à transformer ces volumes hors de Chine en ventes rentables et durables, notamment en Europe où prix, droits de douane, réseau et image de marque pèseront autant que les fiches techniques.

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