Voitures électriques d’occasion : record en octobre, mais les modèles abordables se raréfient
- Les électriques d’occasion ont atteint 27 961 ventes en octobre, un record mensuel en France, en hausse de 42,8 % sur un an.
- Le marché global de l’occasion a reculé de 7,2 %, faute de volumes essence et diesel suffisants pour compenser.
- L’offre chute de 32 %, et les modèles sous 20 000 € reculent de 48 %, ce qui tend les délais de vente.
Les voitures électriques d’occasion n’ont jamais autant changé de mains en France. En octobre 2026, AAA Data a comptabilisé 27 961 transactions de véhicules électriques de seconde main, soit une hausse de 42,8 % sur un an. Le précédent record, établi en avril avec 26 092 ventes, est donc dépassé assez nettement.
Cette performance tranche avec l’ambiance générale du marché. Toutes motorisations confondues, l’occasion a reculé de 7,2 % en octobre, à 448 983 unités. Depuis le début de l’année, le cumul atteint 4 317 496 à 4 317 499 transactions selon les relevés publiés, soit environ 4,5 % de moins qu’en 2025. Autrement dit, l’électrique progresse fort, mais depuis une base encore trop réduite pour compenser la baisse des volumes essence et diesel.
L’électrique gagne du terrain
La part de marché des électriques d’occasion atteint 6,23 % en octobre. C’est un vrai changement d’échelle, mais cela reste loin de ce que l’on observe dans le neuf, où les électriques ont représenté 41 % des immatriculations le mois dernier d’après les chiffres cités par Caradisiac. Le décalage est logique : le marché de l’occasion dépend du parc déjà mis en circulation, et le renouvellement met toujours plusieurs années à se diffuser.
Plusieurs facteurs expliquent l’accélération actuelle. AAA Data souligne l’effet de la nouvelle prime CEE entrée en vigueur le 1er septembre 2026 pour l’achat ou la location d’une voiture électrique d’occasion. La flambée des carburants joue aussi son rôle : le gazole est annoncé à 2,37 €/l en moyenne, et le SP95-E10 à 2,09 €/l. À ce niveau, même les conducteurs les plus prudents avec l’électrique ressortent la calculette.
Le mouvement se voit également entre particuliers. Les transactions C2C de voitures électriques progressent de 66,8 %, signe que le marché ne dépend plus seulement des retours de location ou des professionnels. Sur dix mois, AAA Data recense 212 415 électriques d’occasion revendues, en hausse de 48,1 %. Sur douze mois glissants, le volume atteint 246 916 unités, soit 45 % de plus que sur la période précédente.
Des stocks qui se vident
Mais cette bonne nouvelle a son revers : les stocks fondent. D’après les données rapportées, l’offre de voitures électriques d’occasion a baissé de 32 % en un an. La tension est encore plus forte sur les modèles à moins de 20 000 €, dont le stock recule de 48 %. Pour les acheteurs, cela signifie moins de choix, moins de temps pour comparer et probablement moins de marge de négociation.
Les délais de rotation confirment cette tension. Le temps moyen entre la reprise d’un véhicule électrique et sa revente est passé de 120 à 98 jours, soit une baisse de 18 %. Certains modèles partent beaucoup plus vite : un Tesla Model Y reste en ligne 35 jours en moyenne. Le SUV américain profite à la fois de sa forte notoriété, de volumes importants sur le marché et d’une décote qui le rend plus accessible qu’en neuf.
La suite dépendra de novembre
Le marché de l’occasion, lui, reste fragilisé par le recul des motorisations thermiques : les transactions de diesel baissent de 16,9 % et celles d’essence de 8,7 % en octobre. Les prochaines statistiques de novembre diront si la prime CEE continue d’alimenter la demande en électriques d’occasion ou si la pénurie de modèles abordables finit par freiner le mouvement.