Aides à l’électrique : l’Avere-France met en garde les candidats de 2027 contre un coup de frein brutal
- L’Avere-France met en garde contre une suppression brutale des aides, surtout des CEE, qui soutiennent l’électrique.
- L’association craint un choc similaire à l’Allemagne et au Danemark, où les ventes ont ralenti après l’arrêt des soutiens.
- Le marché électrique français a atteint près de 42 % de part de marché en septembre, avec une occasion qui se revend plus vite.
La voiture électrique n’a jamais été aussi visible dans les immatriculations françaises, et c’est précisément le moment choisi par l’Avere-France pour tirer la sonnette d’alarme. Dans un entretien accordé à Automobile Propre au Mondial de l’Auto, Clément Molizon, délégué général de l’association, appelle les candidats à la présidentielle de 2027 à ne pas casser brutalement les dispositifs de soutien à l’électrification.
Les CEE dans le viseur
Le sujet est très politique. Avec la hausse des carburants et une campagne présidentielle déjà tendue, certains responsables proposent de supprimer les certificats d’économies d’énergie, les fameux CEE, afin de faire baisser la facture à la pompe. Problème : ces certificats servent aussi à financer des aides à la mobilité électrique, notamment des primes à l’achat. Pour l’Avere-France, couper ce robinet sans transition reviendrait à reproduire des erreurs déjà vues ailleurs en Europe.
Clément Molizon cite l’Allemagne et, plus anciennement, le Danemark, deux marchés où l’arrêt ou la réduction soudaine des aides a provoqué un net ralentissement des ventes électriques. L’argument est simple : les ménages et les entreprises peuvent accepter une baisse progressive des soutiens, à condition de savoir où ils vont. Ce qu’ils redoutent, en revanche, c’est le zigzag réglementaire. Acheter une voiture, surtout électrique, reste un engagement lourd ; le moindre flou sur les aides peut suffire à repousser une commande.
L’Avere-France ne plaide pas pour des subventions éternelles. L’association, créée en 1978 et qui rassemble constructeurs, opérateurs de recharge, énergéticiens et collectivités, demande surtout une trajectoire lisible sur le prochain quinquennat. Autrement dit : dire combien de temps les aides dureront, comment elles évolueront, et pour quels publics. Sur un marché où les prix restent élevés malgré l’arrivée de modèles plus abordables, la prévisibilité compte presque autant que le montant du chèque.
Pas de yo-yo sur les aides
Sur les CEE, l’association conteste aussi l’efficacité de la mesure promise aux automobilistes thermiques. Selon Clément Molizon, leur suppression ferait disparaître 8 à 10 milliards d’euros injectés dans l’économie réelle, tout en apportant un gain à la pompe limité, autour d’une dizaine de centimes par litre, et seulement si la baisse est bien répercutée. Dans un contexte de carburants chers, l’effet pourrait donc être rapidement absorbé par les variations de prix.
Cette prise de parole intervient alors que le marché électrique français vient de signer un mois de septembre record, avec près de 42 % de part de marché selon les chiffres évoqués par l’Avere-France. L’occasion électrique progresse également : d’après Clément Molizon, les modèles électriques de seconde main se sont revendus plus vite que leurs équivalents thermiques aux deuxième et troisième trimestres. Un signal intéressant, car c’est souvent sur l’occasion que se joue l’accès réel des ménages modestes à une technologie.
La recharge, prochain chantier
Reste l’autre grand chantier : la recharge. L’Avere-France réclame un véritable plan national, inspiré du « master plan » allemand, avec des objectifs à moyen et long terme. C’est sans doute là que se jouera une partie de la confiance : une aide à l’achat rassure au moment de signer, mais une borne accessible rassure tous les jours.
Les prochaines semaines diront si les candidats intègrent ces demandes à leur programme. Pour l’instant, l’Avere-France veut ouvrir le dialogue avec les équipes de campagne avant le scrutin présidentiel des 18 avril et 2 mai 2027, avec une question encore entière : quelle place l’électrique aura-t-elle dans la politique automobile du prochain quinquennat ?