Valeo recule au 3e trimestre, mais l’électronique embarquée reprend de la vitesse
- Valeo affiche 4,881 milliards d’euros au 3e trimestre 2026, en baisse de 2,3 %, sous le recul du marché mondial.
- La division BRAIN progresse de 8,3 % à 1,198 milliard d’euros, portée par les écrans, la télématique et la vision.
- Valeo confirme ses objectifs 2026 malgré la faiblesse de la première monte et une chute boursière de 9 à 12 %.
Valeo a terminé l’été sur un chiffre d’affaires en recul, mais pas sur une panne générale. Au troisième trimestre 2026, l’équipementier français a réalisé 4,881 milliards d’euros de ventes, soit une baisse de 2,3 % par rapport à la même période de 2025, et de 2,6 % à périmètre et change comparables. Dans le même temps, la production automobile mondiale aurait reculé de 1,6 % selon S&P Global Mobility : Valeo fait donc un peu moins bien que le marché.
Le point faible reste la première monte, c’est-à-dire les pièces livrées directement aux constructeurs pour les voitures neuves. Cette activité pèse encore 4,08 milliards d’euros, environ 84 % du total, mais recule de 3,8 % à données comparables. Le ralentissement est particulièrement net en Europe, où les ventes première monte baissent de 7,1 %, et en Chine, où la chute atteint 12,9 % dans un marché décrit comme très volatil. L’Amérique du Nord résiste mieux, tandis que l’Asie hors Chine progresse.
Ce contraste raconte assez bien l’état de l’industrie automobile en 2026 : les constructeurs produisent moins, reportent certains programmes et serrent les coûts, notamment en Europe. Pour un équipementier comme Valeo, très exposé aux volumes de voitures neuves, cela se voit immédiatement dans les comptes. À l’inverse, l’après-vente progresse : les ventes de pièces de remplacement atteignent 516 millions d’euros, en hausse d’environ 3 %. Quand le neuf tousse, le parc roulant continue, lui, d’avoir besoin de réparations.
La première monte cale
La vraie bonne nouvelle vient de la division BRAIN, issue de la réorganisation de Valeo et centrée sur l’électronique embarquée, les logiciels, les aides à la conduite, l’aide au stationnement, les écrans, la télématique ou encore les systèmes de vision. Son chiffre d’affaires atteint 1,198 milliard d’euros au troisième trimestre, en hausse de 8,3 % sur un an. Valeo met en avant la bonne dynamique des écrans et de la télématique, ainsi que la montée en cadence de systèmes de vision destinés à un grand constructeur européen.
Ce n’est pas un détail pour l’automobiliste. Derrière ces lignes de compte, on retrouve les équipements qui transforment concrètement les voitures modernes : caméras, radars, interfaces numériques, fonctions d’assistance et bientôt davantage d’automatisation. La voiture électrique a beaucoup attiré l’attention sur les batteries et les moteurs, mais la bataille industrielle se joue aussi dans ces composants moins visibles, qui coûtent cher à développer et deviennent indispensables, y compris sur des modèles généralistes.
BRAIN reprend l’avantage
Les deux autres grandes divisions sont moins bien orientées. POWER, liée aux chaînes de traction et à l’électrification, recule de 7,8 % à 2,396 milliards d’euros, pénalisée notamment en Europe par des effets de base et un mix défavorable, même si Valeo signale une demande robuste en Amérique du Nord et en Asie, en particulier pour l’électrification en Inde. LIGHT, l’éclairage, limite la casse avec 1,267 milliard d’euros de ventes, en baisse de 1,2 %.
Objectifs tenus malgré tout
Valeo maintient malgré tout ses objectifs 2026 : entre 20 et 21 milliards d’euros de chiffre d’affaires, une marge opérationnelle comprise entre 4,7 % et 5,3 %, et un free cash flow supérieur à 400 millions d’euros. Le directeur général Christophe Périllat présente le rebond de BRAIN comme un premier jalon vers le retour à la croissance attendu en 2027 dans le cadre du plan stratégique « Elevate 2028 ».
Les marchés, eux, n’ont pas attendu 2027 pour réagir : l’action Valeo a lourdement chuté après la publication, avec une baisse rapportée autour de 9 à 12 % selon les données disponibles. Le prochain point à surveiller sera donc le quatrième trimestre, qui devra confirmer si la poussée de l’électronique embarquée compense réellement la faiblesse persistante des volumes en Europe et en Chine.