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Volvo EX60 Photo : Alexander Migl Photo : Alexander Migl, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (recadrée)

Volvo supprime 2 500 postes : l’électrique progresse, les comptes plongent


L’essentiel
  • Volvo Cars supprime 2 500 postes, dont 2 000 en Suède, après un trimestre marqué par une perte nette de 5,7 milliards de couronnes.
  • Le chiffre d’affaires chute de 23 % à 66,9 milliards de couronnes, et l’action perd environ 30 % à Stockholm.
  • Les ventes d’électriques montent à 32 % du mix, mais la Chine, les États-Unis et les coûts freinent la rentabilité.

Volvo Cars va supprimer environ 2 500 emplois dans le monde, dont 2 000 en Suède. Pour un constructeur longtemps présenté comme l’un des élèves les plus appliqués de la transition électrique, le symbole est rude : la part des modèles électrifiés augmente, mais les comptes, eux, virent franchement au rouge.

Au troisième trimestre 2026, le chiffre d’affaires de Volvo Cars a reculé de près de 23 %, à 66,9 milliards de couronnes suédoises, selon les résultats publiés vendredi 23 octobre. Le groupe affiche une perte nette de 5,7 milliards de couronnes, soit environ 513 millions d’euros, contre un bénéfice un an plus tôt. La perte d’exploitation atteint 5,6 milliards de couronnes, avec une marge opérationnelle négative de 8,4 %. La Bourse de Stockholm n’a pas goûté la nouvelle : l’action a chuté d’environ 30 %.

Un plan social plus dur encore

Le plan social annoncé doit permettre d’économiser 5 milliards de couronnes supplémentaires sur les dépenses indirectes et les coûts variables, avec des effets complets attendus fin 2027. Volvo prévoit de jouer sur la fin de contrats de consultants, les départs naturels et des offres de départ ciblées. Ces 2 500 suppressions s’ajoutent aux 3 000 postes déjà annoncés précédemment : en deux ans, le constructeur suédois aura donc engagé une cure sévère, y compris sur ses terres historiques de Göteborg.

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Le paradoxe, c’est que la bascule électrique n’est pas en panne dans les ventes. Au niveau mondial, les modèles 100 % électriques représentent 32 % des immatriculations de Volvo au troisième trimestre, contre 22 % un an plus tôt. En ajoutant les hybrides rechargeables, les véhicules électrifiés atteignent 53 % du mix. En Europe, la part des électriques grimpe même à 45 %. Mais vendre plus d’électriques ne suffit pas quand les coûts industriels, les prix et les volumes ne suivent pas.

Le cas de l’EX60 résume assez bien le problème. Le SUV électrique a déjà reçu plus de 50 000 commandes en Europe, selon Volvo, et la marque le présente comme un futur modèle rentable. Mais sa montée en cadence est plus lente que prévu, notamment à cause de l’intégration de la batterie dans la structure du véhicule, une technologie dite « cell-to-body ». Auto Journal évoque environ 5 000 exemplaires produits sur les 40 000 espérés en 2026 : si ce chiffre se confirme, l’écart est massif.

Chine et États-Unis, double peine

Les difficultés viennent aussi de deux marchés clés. En Chine, le chiffre d’affaires de Volvo aurait presque été divisé par deux sur un an, pris dans une guerre des prix menée par des constructeurs locaux très agressifs. Le groupe, contrôlé par Geely, dit refuser de sacrifier ses marges pour courir après les volumes. C’est compréhensible, mais risqué dans un marché où l’échelle compte énormément.

Aux États-Unis, autre caillou dans la chaussure suédoise : les droits de douane, la fin de certaines aides aux véhicules électrifiés et une réévaluation négative de crédits réglementaires CAFE pèsent sur les résultats. Pour s’adapter, Volvo veut produire le XC60 à Charleston à partir du premier trimestre 2027 et accélérer les versions hybrides rechargeables à grande autonomie des XC60 et XC90, déjà prévues en Europe avant d’arriver outre-Atlantique.

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Volvo mise sur un pilotage régional

La suite passera par une organisation plus régionale. Volvo annonce treize nouveaux véhicules d’ici fin 2030, dont six modèles pensés pour la Chine avec l’appui technologique de Geely ; les deux premiers doivent être dévoilés et industrialisés mi-2027. Reste l’inconnue principale : le constructeur a retiré ses prévisions annuelles de ventes et de trésorerie, et ne donnera pas de nouvelle trajectoire tant que le redressement ne sera pas plus visible.