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Bornes de recharge françaises : tarifs excessifs et manque de fiabilité selon une étude choc.


Une étude de l’UFC Que Choisir révèle que le déploiement des bornes de recharge en France est insuffisamment rapide et que la fiabilité des bornes rapides reste très aléatoire.




Réseau de bornes de recharge en France : opacité des tarifs, écarts de prix et fiabilité des bornes

Réseau de bornes de recharge en France : opacité des tarifs, écarts de prix et fiabilité des bornes

Opacité des tarifs et diversité des opérateurs de charge

C’est à n’y rien comprendre, et la multiplicité des opérateurs de charge n’arrange rien. Nous avons eu nous-même mis un peu de temps à bien cerner toutes les données compilées par l’étude d’UFC Que Choisir sur les bornes de recharge en France. Mais plus simplement, retenez déjà que l’opacité est telle qu’il est difficile de savoir réellement ce que l’on paiera à l’avance en fonction de l’opérateur que l’on a choisi. ChargeNow, Izivia, Eborn, Freshmile, Chargemap, PlugSurfing… tous appliquent des tarifs différents selon des méthodes de calcul bien particulières. C’est cette complexité que pointe l’UFC Que Choisir.

« Ainsi, selon l’opérateur, le prix dépend de frais fixes, de frais à la minute, de frais de stationnement ou, plus raisonnablement, de la quantité d’énergie rechargée, tout cela dans des proportions très variables. Cette opacité et ce mode de tarification conduisent par ailleurs à de nombreuses aberrations tarifaires ».

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Écarts de prix importants

En plus de l’opacité sur les tarifs, UFC Que Choisir distille également quelques exemples cocasses. Notamment ces deux bornes de 48 kW pour la première, et de 120 kW (Lidl) pour la seconde, distantes de quelques mètres à peine à vol d’oiseau.

« Le 13 septembre 2023, les tarifs pratiqués par l’opérateur Freshmile sont en moyenne de 0,68 €/kWh sur le point de recharge autoroutier et 0,51 €/kWh sur le point de recharge Lidl. Quant à l’opérateur ChargeNow, les prix repérés sont respectivement de 0,56 €/kWh et 0,31 €/kWh. Des différences de tarif de l’ordre de 30 % dans le premier cas et de 80 % dans le second, alors même que le point de recharge « Lidl » présente une puissance quasiment trois fois supérieure ».

Rappelons que la libre concurrence fait que les opérateurs fixent leurs tarifs comme bon leur semble.

Trop de moyens de paiement et fiabilité des bornes en berne

Puisque la liberté est de mise, les opérateurs ont à peu près tous des méthodes de tarification différentes. Ce qui conduit à des écarts parfois abyssaux pour un même véhicule sur une borne et avec deux opérateurs différents :

« les écarts de tarifs sont substantiels. Dans notre relevé, des écarts de plus de 830 % sur une borne de faible puissance, de plus de 380 % sur une borne de moyenne puissance et de plus de 190 % sur une borne ultra-rapide sont constatés entre le prix le plus avantageux et le plus élevé, soit entre deux opérateurs de mobilité. Ainsi, la recharge d’une Peugeot e208 vous coûtera entre 7,35 € et 68,77 € à Lyon sur une borne lente, entre 7,19 € et 35,82 € sur une borne intermédiaire et entre 14,67 € et 36,9 € sur une borne ultrarapide, considérant l’opérateur de mobilité le plus avantageux et le plus cher. Le prix d’une recharge équivalente à domicile au tarif réglementé de vente de l’électricité s’élèvera à 7,06 € ».

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En résumé, il n’y a pas d’uniformité des services et des prix à l’échelle locale comme celle du territoire. Ce qui n’est pas pour rassurer et convaincre les automobilistes souhaitant passer à l’électrique. Même si la majorité des recharges se font à domicile (avec là, au moins, un prix du kWh connu et sans surprise pour tous), les trajets plus longs continueront de poser des problèmes. Et ce d’autant plus que le taux de disponibilité des bornes est loin d’être optimal.

En plus de la difficulté de calculer précisément le coût kilométrique des véhicules électriques rechargés sur différentes bornes publiques, vient la problématique du paiement : code QR, pass, facturation automatique et éventuellement paiement par carte bancaire (encore trop rare sur les bornes), rien n’est fait pour faciliter la vie d’automobilistes ou de motards qui ont toujours été habitué à simplement sortir leur carte au terminal d’une pompe à carburant, et de voir les prix affichés clairement sur le totem. Et même si là aussi les écarts existent avec la libre concurrence sur les prix des carburants, ils sont moindres.

Comme si tout cela ne suffisait pas, il faut aussi composer avec la disponibilité parfois relative des bornes, notamment les bornes rapides. L’UFC le rappelle : une partie des Français n’a pas accès à une prise à la maison.

« L’objectif de 100 000 points de recharge déployés en 2020 n’a été atteint qu’en mai 2023. Si une accélération du déploiement a récemment été constatée, les retards accumulés mettent en péril l’objectif de 400 000 points de recharge disponibles en 2030. Selon différentes projections établies dans notre étude, entre 60 000 et 150 000 bornes pourraient venir à manquer, laissant alors entrevoir des engorgements de véhicules devant les bornes, a fortiori si la disponibilité des bornes ne s’améliore pas (39 % des bornes de recharge rapides ne fonctionnent pas en permanence). »

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