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Toyota a des problèmes avec les véhicules électriques et les banques.


Toyota est le leader mondial dans l’industrie automobile, mais il a actuellement la plus faible part de ventes dans les voitures électriques. Est-ce que le géant japonais a déjà manqué une opportunité ?

Les grands constructeurs automobiles rencontrent des difficultés d’investissement

Même si certains constructeurs sont assis sur un véritable tas d’or (plus de 60 milliards d’euros de liquidités chez Stellantis, par exemple), les grands groupes automobiles ont toujours besoin des banques pour lancer de grands projets de développement, construire des usines et bien sûr embaucher les milliers de personnes qui vont avec. Seulement voilà, depuis quelques années maintenant, les « scope » d’investissements des banques sont surveillés de près.

Les actionnaires sont en effet de plus en plus sensibles à ce que font les banques et l’argent ne doit plus aller n’importe où. Pour certains gestionnaires de portefeuille, il n’est plus question de financer des projets carbonés, de nouvelles extractions de pétrole ou encore des marques qui ne font pas d’efforts. Conséquence la plus directe : les constructeurs qui ont encore besoin d’argent et d’investissements pour les moteurs à combustion commencent à rencontrer des difficultés. Toyota, en tête.

Akio Toyoda et la politique du tout électrique

L’ancien PDG de Toyota, Akio Toyoda, n’est plus à la tête du groupe mais il est encore très impliqué dans les affaires, et n’hésite pas à rappeler à quel point il trouve la politique actuelle du tout électrique risquée. La fin doit justifier les moyens, mais à l’heure actuelle, pour l’Europe et d’autres marchés matures, c’est plutôt « la fin justifie le moyen ». Le véhicule à batterie, bien sûr. La pluralité technique et la liberté d’imaginer ont été retirées aux ingénieurs qui n’ont d’autre choix que d’atteindre cette fameuse neutralité carbone uniquement par le prisme du véhicule électrique rechargeable.

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Les alternatives au moteur à combustion

D’autres solutions existent pour conserver le moteur à combustion qui gardera toutefois ses défauts : un rendement bien faible en comparaison d’une unité synchrone à aimants permanents. Hydrogène, carburants de synthèse, d’autres combustibles peuvent être utilisés. Mais là encore, de nombreuses questions subsistent : comment produire le premier de façon propre en quantité astronomique ? Comment faire couler le second sachant qu’il réclame d’importantes puissances électriques (qui devront d’ailleurs être renouvelables pour ne pas gâcher le bilan carbone) ? Bref, pas simple.

« Mais si l’on considère correctement la neutralité carbone, l’ennemi est le carbone, pas le moteur à combustion interne », soutient Toyoda. L’ancien PDG emblématique de Toyota embraye sur le cas des banques, qui pourraient représenter un gros problème pour ces constructeurs encore en retard sur l’électrique : « certains de nos fournisseurs qui construisent des moteurs ne peuvent même pas obtenir d’argent des banques ». Et en effet, les refus d’investissements des banques ne touchent pas que les constructeurs directement. Cela complique alors considérablement la tâche de marques qui voudraient démontrer que la mobilité pourrait être dans la pluralité plutôt que la singularité.

La mobilité dans la pluralité plutôt que la singularité

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