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Ola Källenius Photo : Europäische Kommission - Audiovisueller Dienst, CE - Service audiovisuel, EC - Audiovisual Service, Dati Bendo Photo : Europäische Kommission - Audiovisueller Dienst, CE - Service audiovisuel, EC - Audiovisual Service, Dati Bendo, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons (recadrée)

Mercedes abaisse ses objectifs 2026 : la Chine fait tomber la marge visée à 2-3 %


L’essentiel
  • Mercedes abaisse sa marge 2026 à 2 à 3 %, contre 3 à 5 % auparavant, sous la pression du marché chinois.
  • Les ventes ont reculé de 6 % au troisième trimestre, tandis que le bénéfice annuel ne devrait plus progresser nettement.
  • En Chine, Mercedes subit trois trimestres de chute, jusqu’à -31 %, face à des rivaux locaux très agressifs.

Mercedes-Benz vient de revoir à la baisse ses prévisions 2026, et le signal est sévère pour l’un des symboles du haut de gamme allemand. La division voitures particulières ne vise plus qu’une marge opérationnelle ajustée comprise entre 2 % et 3 %, contre 3 % à 5 % auparavant, selon les éléments communiqués par le groupe.

La correction ne tient pas à un accident isolé. Au troisième trimestre 2026, les ventes du groupe ont reculé de 6 %, à 491 700 unités, d’après le Journal de l’Automobile. Mercedes indique aussi ne plus attendre une nette progression de son bénéfice opérationnel annuel, mais un niveau globalement comparable à celui de 2025. Le flux de trésorerie disponible de l’activité industrielle est désormais attendu nettement inférieur à celui de l’an dernier.

La Chine plombe les comptes

Le point dur, c’est la Chine. Selon les chiffres rapportés par l’Auto Journal, les ventes de Mercedes y ont chuté de 31 % au troisième trimestre, après déjà -27 % au premier trimestre et -30 % au deuxième. Pour un constructeur qui a longtemps trouvé en Chine un formidable accélérateur de volumes, de prix et de marges, le retournement est brutal. Le plus grand marché automobile mondial n’est plus seulement moins porteur : il est devenu beaucoup plus agressif.

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Les marques locales chinoises ne se contentent plus de vendre moins cher. Elles attaquent désormais le premium avec des modèles électriques très bien équipés, rapides à renouveler, bardés d’écrans, d’aides à la conduite et de services numériques. Autrement dit, précisément les arguments que les marques allemandes facturaient cher. Dans ce contexte, le pouvoir de fixation des prix de Mercedes s’érode, et la stratégie portée par Ola Källenius, moins de volume, plus de luxe, devient plus difficile à tenir.

Les comptes du troisième trimestre montrent déjà cette tension. Le bénéfice opérationnel du groupe atteint 1,77 milliard d’euros, un résultat légèrement supérieur aux attentes selon le Journal de l’Automobile, mais la marge ajustée de Mercedes-Benz Cars tourne autour de 2,5 %. À titre de comparaison, l’activité utilitaires Mercedes-Benz Vans reste autour de 9,4 %, signe que la pression est surtout concentrée sur les voitures particulières, berlines et SUV compris.

Les coûts repartent à la hausse

Le constructeur invoque aussi une hausse attendue des coûts au quatrième trimestre, notamment sur les matériaux. Pour compenser, Mercedes prépare un nouveau tour de vis. La direction discute avec les représentants des salariés de mesures de réduction des coûts ; parmi les pistes citées figurent un allongement du temps de travail sans compensation salariale et une présence accrue sur site. Pas vraiment le genre de nouvelle que l’on met en avant dans une brochure avec sellerie cuir et éclairage d’ambiance.

Mercedes n’est pas seul dans la tempête. BMW et Volkswagen ont déjà abaissé certaines prévisions cette année en évoquant la dégradation du marché chinois. Volvo Cars a également parlé d’une concurrence intense des nouvelles marques chinoises, au point de réduire très fortement les possibilités de rentabilité des constructeurs premium historiques.

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Une riposte produit à inventer

La réponse de Mercedes passera aussi par le produit, notamment électrique. Le groupe met en avant une offensive de nouveaux modèles pour regagner en compétitivité et en désirabilité, mais l’équation reste délicate : il faut investir lourdement dans l’électrique tout en réduisant les coûts, et affronter en Chine des rivaux déjà très rapides sur ce terrain. Les résultats détaillés du troisième trimestre sont attendus ce mercredi 28 octobre 2026 ; ils devront préciser l’ampleur de l’effort à fournir et, surtout, dire si Mercedes voit déjà un point bas sur son marché chinois.