Voiture électrique : 97 % de propriétaires satisfaits, mais la recharge pilotée reste le maillon faible
- 97 % des conducteurs interrogés se disent satisfaits, malgré un échantillon surtout composé de foyers déjà équipés pour recharger.
- Les voitures électriques parcourent 15 000 km par an en moyenne et deviennent le véhicule principal dans 78 % des foyers multiéquipés.
- Seuls 32 % pilotent presque toujours la recharge à domicile, alors que 57 % des charges démarrent entre 23 h et 7 h.
97 % des conducteurs de voitures électriques interrogés par Enedis se déclarent satisfaits de leur véhicule. Le chiffre, issu de la 7e édition de l’étude annuelle menée auprès de 1 009 automobilistes roulant en électrique ou en hybride rechargeable, a de quoi faire tousser ceux qui annoncent régulièrement le grand désamour pour la voiture à batterie.
Il faut toutefois regarder l’échantillon avant d’en tirer une vérité universelle : 73 % des répondants conduisent une voiture 100 % électrique et 85 % vivent en maison individuelle. Autrement dit, l’étude décrit surtout le quotidien de conducteurs déjà bien placés pour profiter de l’électrique, notamment grâce à la recharge à domicile. Mais elle reste précieuse, car elle photographie les usages réels d’automobilistes français déjà passés à la prise.
L’électrique roule plus qu’on ne croit
Premier enseignement : ces voitures ne restent pas au garage. Les conducteurs interrogés parcourent en moyenne 15 000 km par an, contre 11 600 km pour le parc thermique selon les données reprises par Enedis. La hausse du prix des carburants n’a donc pas réduit leurs déplacements, puisqu’ils n’y sont pas directement exposés à chaque plein. Dans les foyers équipés de plusieurs voitures, l’électrique est même déclarée véhicule principal dans 78 % des cas.
La bascule n’est pas totale pour autant. En moyenne, les ménages de l’étude possèdent deux véhicules : 23 % ont plusieurs véhicules électriques, tandis que 55 % conservent un parc mixte électrique et thermique. L’électrique sert encore exclusivement aux trajets du quotidien pour 47 % de ses conducteurs, quand les hybrides rechargeables sont davantage utilisés à tout faire. Mais parmi ceux qui partent en vacances en électrique, la moitié se dit prête à parcourir plus de 600 km, signe que le long trajet n’est plus réservé aux pionniers équipés d’un tableur et d’un câble dans chaque coffre.
La recharge à la maison s’impose
Sans surprise, le nerf de la guerre reste la recharge à domicile. En maison individuelle, 87 % des conducteurs branchent principalement chez eux. En immeuble, la situation progresse nettement : 48 % disposent désormais d’une solution de recharge domestique, soit 10 points de plus en un an. C’est un signal important, car la copropriété reste l’un des vrais freins à l’adoption de l’électrique en ville.
Autre détail intéressant : la borne murale n’est pas toujours indispensable. La prise renforcée 3,7 kW gagne du terrain, avec 34 % des utilisateurs de voitures électriques, contre 29 % en 2025. Dans le même temps, la wallbox recule de 34 à 31 %. Pour beaucoup de trajets quotidiens, une installation plus simple suffit, à condition de pouvoir laisser la voiture branchée plusieurs heures.
Les bornes publiques, elles, jouent surtout le rôle d’appoint. Seuls 12 % des conducteurs de voitures électriques disent y recharger principalement, contre 16 % l’an dernier. 29 % ne les utilisent jamais et 24 % moins d’une fois par mois. Ceux qui les évitent invoquent d’abord l’absence de besoin, loin devant le prix jugé élevé et la complexité d’usage. Sur autoroute, la perception s’améliore : 66 % des utilisateurs concernés estiment l’offre adaptée, contre 54 % en 2025. Le prix reste toutefois le premier reproche.
Le vrai angle mort
Le paradoxe vient plutôt de la recharge intelligente. Seuls 32 % des propriétaires déclarent piloter systématiquement ou presque leur recharge à domicile, alors que programmer la charge permet de viser les heures creuses et d’alléger la pression sur le réseau. Enedis relève que 57 % des charges démarrent entre 23 h et 7 h, mais encore 22 % entre 18 h et 23 h, en pleine période de pointe. La prochaine marge de progrès n’est donc pas seulement dans les batteries ou les bornes : elle se jouera aussi dans les habitudes, les tarifs et la simplicité des outils de programmation.