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CATL alerte sur dangers batteries solides dans voitures électriques.


Le géant chinois CATL affirme que les batteries dites « solides », souvent considérées comme la solution aux problèmes d’autonomie des voitures électriques, ne sont ni fiables ni sécurisées.

Les batteries dites « solides » : une promesse encore lointaine

Si vous suivez un tant soit peu l’actualité de la voiture électrique, sans doute avez-vous déjà entendu parler des batteries dites « solides », ou à électrolyte solide. Par opposition aux batteries que l’on trouve dans nos véhicules électriques actuels, à savoir à électrolyte liquide. Souvent présentées comme révolutionnaires, elles annoncent déjà un futur libéré de certaines contraintes actuelles. Et pas des moindres puisque l’on parle ici de l’autonomie, mais aussi de la vitesse de charge et du prix. Soit les trois principaux freins quant au passage à l’électrique. Au-delà de promesses qu’il convient de relativiser – car les batteries solides ont aussi des faiblesses -, certains acteurs bien placés dans ce domaine tempèrent aussi les forte attentes.

Une technologie pas encore viable

C’est dans les colonnes du Financial Times que Dr Robin Zeng, fondateur et PDG de CATL – soit l’un des leaders dans la fabrication des accumulateurs – a expliqué que la technologie de batterie à semi-conducteur (autre nom de la batterie solide) n’est pas fiable, qu’elle manque de durabilité, et qu’elle pose des problèmes de sécurité. Pour ne pas dire qu’elle est dangereuse. « Nous soutenons pleinement les batteries à état solide, j’y investis depuis 10 ans » explique le responsable au Financial Times. Et d’ajouter : « Je suis de près les personnes qui travaillent au développement de la batterie à état solide, chaque mois, donc je vois les progrès, et il y a encore ces promesses ». Mais pour lui, en l’état actuel des choses et de l’avancement de la technologie, ces promesses sont encore de faux-espoirs, alors que des années de recherche et de développement n’ont pas réussi à aboutir à une batterie solide viable. Et si batterie solide il y a, un jour, on en est encore très loin.

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Toyota dans le viseur ?

Pour l’heure, c’est Toyota, pourtant arrivé très tard sur le marché de l’électrique, qui est chef de file dans le développement de la technologie de batteries solides. La marque japonaise prévoyant de les introduire d’ici 2027 ou 2028 sur les routes. Mais si Toyota se fournit depuis 2019 en batteries CATL, il a fait appel à une autre société, Idemitsu Kosan, pour développer sa technologie solide. Est-ce pour ça que CATL jette un pavé dans la marre de la batterie solide ? Sachant qu’il y a aussi des divergences sur les technologies à adopter et que le constructeur nippon a aussi calmé le jeu sur cette technologie.

En effet, Toyota et son partenaire travaillent sur le sulfure de lithium pour faire en sorte que la batterie solide puisse s’adapter à une production en masse. Mais pour le Dr Zeng, de CATL, les tensions de l’électrolyte solide (passage d’ions entre anode et cathode qui fait gonfler et dégonfler) pendant la recharge ne peuvent pas durer plus de 10 cycles de charge. « Alors comment le rendre viable commercialement ? ». De plus le lithium d’une batterie solide, en cas d’accident, pourrait réagir avec l’oxygène, ce qui pourrait causer de gros risques pour les passagers ou les secours.

La solution du semi-solide ?

Face à ces soucis posés par les batteries solides, CATL a donc préféré se tourner vers une autre technologie encore, celle des batterie de type semi-solide sodium-ion. Non contente de développer une densité énergétique bien plus importante, c’est à dire que dans un poids similaire de batterie, on peut stocker bien plus d’énergie, la fiabilité serait aussi bien meilleure. De même que la durée dans le temps et la sécurité. Est-ce là la solution du futur ? Quand on sait que CATL fournissait en 2023 par moins de 36,9 % de l’offre mondiale de batteries (devant BYD, 15,8 %), on devrait vite en avoir le coeur net.

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