Bugatti remet à neuf une Veyron Grand Sport Vitesse unique en aluminium poli
- Bugatti a restauré et certifié le châssis 8.100, une Veyron Grand Sport Vitesse en aluminium poli unique.
- La voiture, commandée il y a plus de dix ans, retrouve sa configuration d’origine après des personnalisations ultérieures.
- Estimée à plus du double d’une Veyron standard à l’époque, elle part rejoindre un collectionneur sur la Côte d’Azur.
Une Bugatti Veyron Grand Sport Vitesse à carrosserie en aluminium poli vient de quitter les ateliers de Molsheim après une remise à son état d’origine. Pas une nouveauté au sens classique du terme, donc, mais une opération intéressante : Bugatti transforme désormais ses anciennes hypercars récentes en patrimoine certifié, presque comme on le ferait pour une Type 35 ou une Royale.
Un exemplaire hors norme
L’auto concernée est le châssis 8.100, une Veyron Grand Sport Vitesse réalisée sur commande spéciale il y a un peu plus de dix ans. À l’époque, un client avait demandé une carrosserie presque entièrement habillée d’aluminium poli apparent. D’après Bugatti, certains éléments ont été usinés à partir de blocs d’aluminium pouvant atteindre 20 tonnes avant travail. Une débauche de matière assez typique de Molsheim : techniquement absurde pour le commun des mortels, mais cohérente dans l’univers de l’hyper-luxe.
Le résultat tient davantage de la sculpture roulante que de la simple configuration de catalogue. Les flancs polis jouent le miroir, tandis que quelques parties en fibre de carbone restent visibles. À bord, Bugatti avait retenu un contraste très marqué avec un cuir Carmine Red, accompagné là encore de carbone apparent et de touches d’aluminium. Sous cette robe spectaculaire, la mécanique reste celle de la Grand Sport Vitesse : le W16 8,0 litres à quatre turbocompresseurs, donné selon les sources autour de 1 200 ch et 1 500 Nm de couple.
Retour à la version d’origine
Cette Veyron n’arrive toutefois pas fraîchement sortie d’une capsule temporelle. Selon les informations publiées par AutoEvolution et reprises par la presse spécialisée, la voiture a changé de mains et reçu au fil du temps des personnalisations supplémentaires, dont le détail n’a pas été communiqué. Son retour chez Bugatti s’est donc fait avec un objectif clair : effacer ces évolutions ultérieures et retrouver la configuration d’origine documentée lors de sa première assemblage.
C’est le rôle de La Maison Pur Sang, le programme Bugatti consacré à l’histoire, à la restauration, à la certification et à la provenance des voitures de la marque. Les équipes ont travaillé à partir des archives du châssis 8.100 afin de restaurer la voiture, vérifier son authenticité et la certifier. Luigi Galli, spécialiste héritage et certification chez Bugatti, présente cette Veyron comme un exemple du savoir-faire de la marque et de l’importance prise par la préservation des modèles les plus exceptionnels.
La Veyron entre au patrimoine
Cette opération dit aussi quelque chose du moment que traverse Bugatti. Alors que la Tourbillon ouvre l’ère hybride et que les dernières créations à moteur W16 comme la Mistral ou la Bolide entretiennent le mythe, la Veyron entre déjà dans l’âge de la collection officielle. Elle n’est plus seulement « l’ancienne Bugatti moderne » : elle devient un objet suivi, documenté et valorisé par l’usine elle-même.
Le coût de cette restauration n’a pas été révélé. Auto Plus rappelle toutefois que cette Veyron spéciale aurait été facturée à l’époque plus du double d’une Veyron standard, alors située autour de 2,5 millions de dollars, soit environ 2,3 millions d’euros. La voiture, désormais restaurée et certifiée, doit rejoindre son nouveau propriétaire sur la Côte d’Azur ; on ignore encore si elle restera cachée en collection ou si elle fera quelques apparitions publiques sur la Riviera.