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Station de recharge rapide Ionity à Bologne, en Italie Photo : Moliva Photo : Moliva, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (recadrée)

Dans l’UE, l’électrique dépasse désormais l’essence


L’essentiel
  • Les électriques atteignent 22,7 % du marché européen sur neuf mois 2026 et passent devant l’essence, à 21,2 %.
  • La France affiche la plus forte hausse parmi les grands marchés, avec 387 342 électriques immatriculées, en progression de 79,1 %.
  • Les marques chinoises montent à 9,9 % de part de marché en Europe, emmenées par BYD et Geely.

La voiture électrique est devenue la deuxième motorisation la plus immatriculée dans l’Union européenne. D’après les chiffres publiés par l’ACEA pour les neuf premiers mois de 2026, les modèles 100 % électriques représentent 22,7 % du marché, contre 16,1 % sur la même période en 2025. Ils passent ainsi devant l’essence, tombée à 21,2 %.

Le mouvement est net : 1,93 million de voitures électriques ont été immatriculées dans l’UE entre janvier et septembre. La progression s’inscrit dans un marché automobile globalement mieux orienté, avec des immatriculations en hausse de 5,7 % depuis le début de l’année et même de 9,3 % sur le seul mois de septembre. L’ACEA parle d’un marché « résilient », mais cette résilience ne profite pas à toutes les énergies de la même façon.

La France accélère fort

La France se distingue particulièrement. Les immatriculations de voitures électriques y ont bondi de 79,1 % sur neuf mois, à 387 342 unités. C’est moins en volume que l’Allemagne, toujours premier marché européen avec 604 144 électriques immatriculées et une hausse de 58,1 %, mais c’est la plus forte croissance parmi les grands pays. Le Danemark atteint 125 220 unités (+40,3 %) et la Belgique 124 049 (+15,7 %). À eux quatre, ces marchés pèsent près des deux tiers des immatriculations électriques de l’Union.

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Cette percée ne signifie pas que l’Europe soit passée d’un bloc au tout-électrique. La première motorisation reste l’hybride non rechargeable, avec 36,3 % de part de marché et près de 3,1 millions d’immatriculations. C’est aujourd’hui le choix refuge de nombreux automobilistes : moins cher et moins contraignant qu’un électrique pur, plus rassurant qu’un thermique classique dans un contexte de carburants chers. Les hybrides rechargeables progressent aussi, à 860 257 unités, soit 10,1 % du marché contre 9 % un an plus tôt.

Le thermique décroche

En revanche, le thermique pur continue de perdre du terrain. Les voitures essence reculent de 19,1 % sur neuf mois dans l’UE, avec une chute particulièrement sévère en France (-36,1 %). Le diesel, lui, n’est plus qu’à 7,1 % de part de marché, contre 9,3 % l’an dernier. Pour une énergie qui dominait encore les ventes françaises il y a une décennie, le déclassement est spectaculaire.

Ce basculement profite aussi aux constructeurs chinois. Selon les chiffres repris par le Journal de l’Automobile, les marques chinoises atteignent 9,9 % de part de marché en Europe. BYD illustre le mieux cette poussée : 206 002 immatriculations depuis janvier, en hausse de 154,4 %, pour 2,4 % du marché. Le groupe Geely atteint 236 214 unités et 2,8 % de part de marché. La progression de Chery est encore plus spectaculaire en pourcentage (+246,5 % selon Caradisiac), mais elle doit être relativisée : ses marques Omoda et Jaecoo viennent seulement d’arriver dans plusieurs pays.

Les chinois montent en puissance

Les constructeurs européens conservent toutefois la tête. Volkswagen reste largement premier avec environ 2,2 millions d’immatriculations, mais sa croissance de 0,7 % est inférieure à celle du marché. Stellantis se maintient autour de 1,34 million d’unités, porté notamment par Fiat et Citroën. Renault recule de 3,5 % depuis janvier, malgré un mois de septembre mieux orienté.

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La prochaine question sera celle de la solidité de cette tendance. Les aides publiques, les prix des carburants, les taxes visant les électriques chinoises et l’arrivée de nouveaux modèles abordables pèseront tous sur la fin d’année. Les chiffres d’octobre diront si le dépassement de l’essence par l’électrique devient un nouvel équilibre, ou seulement un effet d’accélération en 2026.