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La McLaren MP4/6 d'Ayrton Senna, championne du monde de F1 en 1991 Photo : Neil Photo : Neil, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons (recadrée)

McLaren vend cinq vraies F1, de Senna à Norris, pour les remettre en piste


L’essentiel
  • Cinq vraies McLaren de F1, dont deux MP4/6A de 1991, quittent la collection interne pour des acheteurs privés.
  • Le lot comprend aussi une MP4/27A de 2012, une MCL35M de 2021 et une MCL37A de 2023, toutes roulantes.
  • McLaren veut les voir courir à nouveau avec support d’usine, malgré des contraintes FIA pour les hybrides.

Cinq Formule 1 McLaren ayant réellement couru en Grand Prix vont quitter la collection de l’écurie. Ce n’est pas une vente de répliques, ni de show-cars maquillées pour les salons : les châssis concernés sont restés chez McLaren depuis leur dernière apparition en piste et seront préparés par l’équipe avant livraison.

Le mandat a été confié à Tom Hartley Jnr, spécialiste britannique des grandes transactions de voitures de Grand Prix. Les cinq monoplaces sont proposées individuellement, sans calendrier imposé. Aucun prix officiel n’a été communiqué par McLaren ou Hartley, même si plusieurs estimations évoquent un marché à plusieurs millions d’euros par voiture.

Des légendes prêtes à repartir

Le lot commence très fort avec deux McLaren MP4/6A de 1991, animées par le V12 Honda RA121E atmosphérique. Le châssis #04 a terminé deuxième du Grand Prix de Saint-Marin derrière Ayrton Senna, dans une course où les deux McLaren avaient relégué tout le reste du plateau à un tour. Le châssis #07, également lié à Senna et Gerhard Berger, a fini deuxième à Silverstone et n’aurait jamais été accidenté en course. À l’heure où la F1 parle surtout de rendement hybride et de carburants durables, un V12 de Grand Prix reste une sorte de dinosaure sacré : parfaitement inutile, donc absolument fascinant.

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La génération suivante représentée dans la vente est la MP4/27A de 2012, châssis #01. Jenson Button l’a utilisée en course lors des dernières manches de la saison, avec notamment le meilleur tour au Grand Prix d’Inde. Lewis Hamilton l’a aussi testée, sans l’engager en Grand Prix. Cette voiture rappelle une période charnière pour McLaren : encore capable de gagner, mais déjà sur le fil avant des années plus compliquées.

Du V12 au dernier hybride

Les deux autres monoplaces parlent davantage aux suiveurs récents de la F1. La MCL35M de 2021, châssis #01, a été pilotée exclusivement par Lando Norris. Elle a signé des podiums à Imola, Monaco et Monza, et portait la célèbre livrée Gulf à Monaco. À Monza, elle faisait partie du doublé McLaren, première victoire de l’écurie depuis 2012.

La pièce la plus moderne est la MCL37A de 2023, châssis #03, que McLaren présente comme la monoplace ayant couru la plus récente jamais proposée à un propriétaire privé directement par une écurie. Norris l’a menée à deux deuxièmes places, à Singapour puis au Japon. Elle a ensuite servi au programme d’essais de McLaren avec Oscar Piastri, Pato O’Ward, Mick Schumacher, Valtteri Bottas ou encore Martin Brundle. Plus inattendu : Brad Pitt l’a aussi conduite sur le Circuit of the Americas dans le cadre de sa préparation pour F1, le film, avec une pointe annoncée à 317 km/h selon les informations disponibles.

Des propriétaires, pas des vitrines

McLaren présente cette vente comme un choix patrimonial, pas comme une liquidation. Zak Brown, le patron de McLaren Racing, explique en substance qu’il serait dommage de laisser ces voitures stockées loin du public. L’idée est donc de sélectionner des propriétaires capables de les faire vivre, avec l’appui de l’écurie : ingénieurs, mécaniciens, logistique et journées de roulage encadrées, un fonctionnement qui rappelle le programme Corse Clienti de Ferrari.

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Tout ne sera toutefois pas aussi simple qu’un démarrage au fond du garage. Les monoplaces modernes, notamment hybrides, restent soumises à des limites de roulage fixées par la FIA, autour d’une vingtaine de jours par an pour ce type de machine. Les MP4/6A à V12, plus anciennes, auront davantage de liberté dans les événements historiques.

Reste à savoir si les cinq voitures partiront séparément ou si un seul collectionneur raflera tout, comme cela s’est déjà produit sur de grandes ventes orchestrées par Hartley. McLaren assure ne pas être pressé : la prochaine étape consiste surtout à trouver les bons garages, et idéalement des propriétaires prêts à les ramener sur circuit.