En Allemagne, l’électrique atteint un record de 37 % des immatriculations
- En octobre 2026, 94 100 électriques ont été immatriculées en Allemagne, soit 37 % du marché neuf.
- La hausse de 79,5 % sur un an doit beaucoup au retour des primes à l’achat et aux carburants chers.
- Le marché global reste stable, tandis que l’essence chute de 40,5 % et le diesel de 21,6 %.
Près de 94 100 voitures électriques ont été immatriculées en Allemagne en octobre 2026, d’après les chiffres publiés par le KBA, l’agence fédérale de l’automobile. C’est 79,5 % de plus qu’un an plus tôt et, surtout, cela représente 37 % du marché allemand du neuf. Le précédent sommet, établi en septembre à 34,5 %, n’aura donc tenu qu’un mois.
Cette poussée change nettement le visage du premier marché automobile européen. En un an, la part de l’électrique a gagné près de 16 points outre-Rhin. L’Allemagne se rapproche ainsi de la France, où les électriques ont représenté 41,5 % des immatriculations en octobre selon les données citées par le Journal de l’Automobile. Pour un pays longtemps très attaché aux grosses routières thermiques et au diesel d’autoroute, le basculement est loin d’être anecdotique.
Les aides relancent la machine
Il faut toutefois regarder ce record avec un peu de recul. La progression est largement liée à la prime à l’achat pour les véhicules électriques et hybrides, remise en place par le gouvernement allemand en début d’année. Le prix des carburants renforce aussi l’argument économique de l’électrique, en particulier pour les conducteurs qui peuvent recharger à domicile ou au travail. Autrement dit, l’électrique séduit davantage, mais il est aussi aidé à redevenir financièrement fréquentable.
Le marché global, lui, ne s’emballe pas. En octobre, l’Allemagne a immatriculé 254 492 voitures neuves, soit une hausse limitée à 1,7 % sur un an. Sur les dix premiers mois de 2026, le compteur atteint 2 476 290 immatriculations, en progression de 4,9 %. La dynamique de l’électrique ne crée donc pas vraiment un nouvel élan général : elle déplace surtout les lignes à l’intérieur du marché.
Thermique en net repli
Les motorisations traditionnelles en font les frais. Les immatriculations de voitures essence ont chuté de 40,5 % en octobre, tandis que le diesel recule de 21,6 %. Le symbole est fort dans un pays où le gazole a longtemps été une spécialité industrielle autant qu’une habitude de conduite. Mais là encore, il ne faut pas confondre tendance de fond et photographie mensuelle dopée par un dispositif public.
Les marques chinoises profitent aussi de cette séquence. Leurs ventes ont progressé de 63 % en octobre et elles atteignent 8,4 % de part de marché en Allemagne. Leur offre, souvent très orientée vers l’électrique, colle parfaitement au moment. Pour les constructeurs européens, et notamment allemands, le message est clair : la concurrence chinoise n’attend pas que la transition soit confortable pour s’installer.
Les marques chinoises gagnent du terrain
Du côté des marques françaises, le tableau est contrasté. Renault progresse de 7,8 % avec 5 505 immatriculations, Citroën gagne 10 % à 4 510 unités et Dacia affiche même +15,4 % avec 6 782 voitures. Peugeot recule légèrement de 1 %, tandis que DS reste en grande difficulté avec seulement 85 immatriculations en octobre, en baisse de 49,4 %.
La suite dira si ce record allemand marque une vraie accélération durable ou un pic entretenu par les aides. L’exemple de 2024 reste dans toutes les têtes : après l’arrêt brutal des subventions fin 2023, les immatriculations électriques avaient fortement reculé. La prochaine inconnue sera donc moins le niveau atteint en octobre que la tenue du marché quand la prime disparaîtra.