Tesla prépare la fin du Cybertruck au Texas, sacrifié au Cybercab
- Tesla réduira progressivement le Cybertruck à Austin vers mi-2027 pour libérer la chaîne au profit du Cybercab.
- Les ventes restent très loin des attentes, avec environ 70 000 à 71 000 exemplaires cumulés, loin des 250 000 annuels visés.
- Le pick-up a souffert d’un prix final bien supérieur, de rappels et d’un marché du grand électrique plus difficile que prévu.
Elon Musk l’a annoncé le 6 novembre sur X : Tesla va « réduire progressivement » la production du Cybertruck à la Gigafactory Texas autour du milieu de l’année 2027, afin de libérer de la capacité pour le Cybercab. La formule laisse une petite porte ouverte, Tesla n’a pas dit si le pick-up serait assemblé ailleurs ou définitivement abandonné, mais le signal est clair : à Austin, la priorité n’est plus au grand pick-up en inox.
La carrière industrielle du Cybertruck aura donc été étonnamment courte pour un modèle aussi médiatisé. Présenté en novembre 2019, livré aux premiers clients seulement fin novembre 2023, il aura passé moins de quatre ans en production client au moment où commencera son retrait annoncé. Pour un véhicule censé bousculer le marché roi des pick-up américains, c’est peu.
Des promesses trop hautes
Le décalage entre la promesse et la réalité explique une bonne partie de cette sortie par la petite porte. Lors de sa présentation, Tesla évoquait un prix d’appel de 39 900 dollars et des volumes capables de grimper jusqu’à 250 000 exemplaires par an. À l’arrivée, les premières versions livrées étaient bien plus chères, et les tarifs ont continué à compliquer l’équation. Selon Auto Plus, Tesla ne prendrait plus de commandes pour la version d’accès Dual-Motor, tandis que les finitions Premium AWD et Cyberbeast seraient passées respectivement à 92 490 et 102 490 dollars aux États-Unis.
Les chiffres de ventes n’ont jamais suivi l’emballement des débuts. Tesla ne détaille pas officiellement les livraisons du Cybertruck, mais les estimations de Kelley Blue Book évoquent 11 586 unités écoulées aux États-Unis sur les neuf premiers mois de 2026, en baisse de 28 % sur un an. Le cumul depuis le lancement tournerait autour de 70 000 à 71 000 exemplaires, selon les estimations reprises par plusieurs médias américains. On est loin, très loin, du quart de million annuel un temps imaginé.
Des ventes en berne
Le Cybertruck n’a pas seulement souffert de son prix. Son style taillé à la règle, sa carrosserie en acier inoxydable et son gabarit en ont fait un objet de fascination autant qu’un repoussoir. S’y sont ajoutés des rappels, des critiques sur la qualité et un usage réel moins évident qu’un pick-up thermique classique pour une partie de la clientèle américaine. Le marché du pick-up électrique grand format s’est d’ailleurs révélé plus difficile que prévu pour tout le monde : Ford, General Motors et Stellantis ont eux aussi dû revoir leurs plans ou temporiser.
Il serait toutefois injuste de réduire le Cybertruck à un simple coup de communication raté. Tesla y a industrialisé des choix techniques intéressants, comme la direction par câble et une architecture basse tension en 48 volts, encore rares sur des véhicules de série. Mais l’innovation ne suffit pas toujours à remplir les carnets de commandes, surtout quand le produit final s’éloigne autant des habitudes d’un segment très conservateur.
Cap sur le Cybercab
Pour Tesla, l’enjeu est désormais ailleurs. Le Cybercab, petit véhicule autonome à deux places sans volant ni pédales, doit occuper davantage de place à Austin. C’est le cœur du nouveau récit industriel d’Elon Musk : moins de modèles particuliers à forte image, davantage de robotaxis, d’IA et d’automatisation. Le Cybertruck devient ainsi la victime visible de ce basculement stratégique.
En France, où le Cybertruck n’a jamais été commercialisé ni homologué, l’annonce reste surtout symbolique. Elle dit néanmoins beaucoup de la nouvelle hiérarchie chez Tesla. Restent plusieurs inconnues concrètes : le calendrier précis de réduction, un éventuel transfert de production, la durée de fourniture des pièces et l’impact sur la valeur des exemplaires déjà livrés.