Tesla montre le Roadster « volant » de l’intérieur, mais la route reste loin
- Tesla montre un Roadster filmé de l’intérieur, mais la démonstration reste un test fermé sans conducteur confirmé.
- Le prototype revendique 0 à 100 km/h en 0,81 seconde et des propulseurs à azote pouvant fonctionner jusqu’à 10 000 psi.
- Le Roadster routier est annoncé pour 2028, sans prix officiel, avec des réservations allant d’environ 46 000 € à 225 000 €.
Tesla a diffusé sur X une vidéo d’environ 34 secondes tournée à bord de son nouveau Roadster lors de sa démonstration à McGregor, au Texas. On y voit l’accélération, la rampe qui se dresse, puis la voiture qui bascule en l’air avant de retomber dans un nuage blanc provoqué par ses propulseurs à gaz froid. Le message de Tesla tient en quelques mots : « POV you’re a flying car ».
La séquence complète un feuilleton déjà bien alimenté par la marque. Ces derniers jours, Tesla avait montré le Roadster sur sa rampe, puis au-dessus d’une rangée de Model 3, Model Y, Cybercab, Cybertruck et Semi. Cette fois, la caméra est placée à hauteur de tête, comme si l’on était assis à bord. Le compteur affiché grimpe de 0 à 100 km/h en 0,81 seconde annoncée, avant que l’horizon disparaisse et que la voiture effectue une rotation au-dessus des autres modèles.
Un show plus qu’un essai
Il faut toutefois rappeler un point essentiel : cette démonstration n’avait rien d’un essai routier, ni même d’un vol habité. D’après les images, la caméra semble fixée sur un support de type action-cam, possiblement sur un mannequin ou sur le robot Optimus, et non sur un conducteur. Le tout s’est déroulé sur une installation fermée, conçue pour ce genre de cascade. Autrement dit, on est plus proche du prototype de spectacle que de la GT électrique prête à filer sur l’A6.
La version utilisée pour ces figures repose sur des propulseurs à gaz froid alimentés à l’azote. Le système fonctionnerait jusqu’à environ 10 000 psi, soit plus de 680 bars, avec un réservoir proche de 200 litres. Aujourd’hui, un remplissage complet demanderait encore entre deux et six heures, même si Tesla dit viser moins de 30 minutes à terme. Reste une question très concrète : où et comment un client remplirait-il un tel système ? Pour l’instant, ce point relève davantage du laboratoire que de l’usage quotidien.
Des versions très différentes
Tesla distingue plusieurs variantes du Roadster. La version Performance doit rester une hypercar électrique routière, sans propulseurs. La déclinaison Thrust ajouterait des propulseurs arrière pour des accélérations extrêmes, avec des chiffres annoncés descendant sous la seconde selon les configurations évoquées. La version Rocket, monoplace et entourée de propulseurs, viserait les démonstrations les plus spectaculaires, mais elle n’est pas homologuée pour la route ouverte.
Le vrai défi, c’est la route
C’est là que le grand écart apparaît. Depuis la première annonce du Roadster en 2017, le modèle a accumulé les reports. Tesla parle désormais d’un lancement industriel à partir de 2028 pour les versions routières, sans prix catalogue officiel. La marque accepte en revanche des réservations : environ 46 000 € d’acompte total pour une Performance, et près de 225 000 € pour la Thrust, selon les montants relayés.
Sur le plan réglementaire, rien n’est acquis. Aux États-Unis, le Roadster devra composer avec les règles automobiles, et potentiellement aériennes si Tesla persiste dans ses ambitions de « voiture volante ». En Europe, aucune homologation spécifique n’a été détaillée. La prochaine étape sera donc moins spectaculaire qu’un saut périlleux : savoir ce que Tesla peut réellement produire, vendre et faire immatriculer en 2028.